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CHARTE DE VIVRES EN COMMUN 1. Préambule Les logiques du capitalisme nous amènent chaque jour un peu plus vers la surconsommation et l'individualisme. C'est pourquoi le groupement d'achat "Vivres en commun" souhaite mettre en place une alternative permettant de s'émanciper plus ou moins radicalement de l'emprise de la société marchande et d'en combattre la tristesse. Il s'agit de retrouver le goût de l'autogestion et des pratiques collectives. en se fixant pour objectif de se rassembler pour organiser la distribution de produits de saison issus d'une agriculture locale, respectueuse de l'environnement et socialement responsable. Le groupement souhaite démontrer par la pratique qu'il est possible de boycotter les grandes surfaces aux pratiques condamnables, de ne plus payer les sur-emballages et les publicités, de soutenir certains paysans dans leurs tentatives d'émancipation des centrales d'achat. 2. Engagements des producteurs 2.1. Qualité des produits Le producteur s’engage à fournir des produits de qualité, sanitairement irréprochables et gustativement bons. Si des défaut de qualité répétés sont observés, le groupement en informe le producteur. Si aucune solution n’est proposée après concertation avec le producteur, le groupement se réserve le droit de mettre un terme à la collaboration. 2.2. Additifs Les additifs de synthèse : colorants, conservateurs, arômes, épaississants… sont interdits. Les arômes naturels, le sucre, le sel, les épices… sont privilégiés. 2.3. Saisonnalité Les produits respectent les saisons, et ne sont pas issus de serres chauffées. 2.4. Mode de production Les produits sont issus de l’agriculture biologique dans la mesure du possible. Les autres modes de production alternatifs (Nature & Progrès, biodynamie…) sont aussi privilégiés. Les producteurs non certifiés mais capables de prouver que leurs pratiques sont proches de l’agriculture biologique et respectent l’environnement sont également acceptés. 2.5. Organismes Génétiquement Modifiés Les OGM sont interdits dans les produits et dans l’alimentation animale (soja tracé). 2.6. Biodiversité Le producteur cherche à maintenir une biodiversité animale et végétale importante : utilisation de races rustiques et / ou locales, de variétés oubliées ou peu communes, maintien de refuges pour la biodiversité sauvage (haies, talus et fossés, boisements, mares…). 2.7. Emballages Le producteur cherche à minimiser les emballages, à favoriser les grands conditionnements, à réutiliser ou à recycler les emballages. La consigne est une bonne incitation. 2.8. Proximité Les productions sont les plus locales possible. Les produits locaux sont privilégiés aux produits plus distants. La livraison est effectuée si possible par le producteur. Des arrangements entre les producteurs sont encouragés pour réduire les coûts de livraison. 2.8. Autonomie L’autonomie du système de production est prise en considération : économies d’énergie et production d’énergies renouvelables, alimentation animale issue de la ferme, achats extérieurs d’intrants (engrais, pesticides) limités. 3. Engagements des consommateurs 3.1. Quantités, fréquences, délais Le groupement de consommateurs n’a pas vocation à devenir une structure de taille importante. La taille maximale envisagée est de 40 à 50 foyers. Les commandes sont mensuelles, mais cette fréquence pourra être accélérée (une fois tous les 15 jours) si les consommateurs le souhaitent et que les fournisseurs en sont d’accord. Les commandes sont transmises au producteur au minimum 8 jours avant la date de livraison, et si possible 15 jours avant. Prix des produits Les prix sont libres, et fixés par les producteurs. Les prix doivent assurer un revenu décent au producteur, tout en étant abordables pour le consommateur. Par exemple, un prix légèrement inférieur à celui pratiqué dans les magasins bio semble intéressant tant pour l’acheteur, qui achète un produit plus accessible, que pour le producteur, qui réalise une marge plus importante qu’en magasin. 3.2. Concurrence Les consommateurs cherchent à éviter la concurrence entre producteurs de produits proches. 3.3. Soutien des petits producteurs Les consommateurs cherchent à travailler avec les producteurs qui ont le plus besoin de ce débouché supplémentaire : petits producteurs, jeunes installés… Ils cherchent à maintenir et à développer des productions locales, artisanales et de petite taille. 3.4. Relation directe Les intermédiaires sont évités au maximum, les consommateurs cherchent à travailler directement avec les producteurs lorsque c’est possible (producteurs locaux). 3.5. Solidarité Les consommateurs privilégient la dimension locale des produits. Ils sont cependant solidaires des producteurs d’autres régions pour les produits qui leur sont spécifiques. Les produits originaires de pays du Sud respectent des critères exigeants de commerce équitable. 3.6. Philosophie Au-delà de l’achat de produits de qualité, les consommateurs cherchent à soutenir des producteurs qui ont une approche soutenable et cohérente au niveau global. Cela passe par des productions locales, de qualité et respectueuses de l’environnement, mais aussi par d’autres aspects tels que l’autonomie, la sobriété, la prise en compte de l’environnement au quotidien (déchets, énergies, eau…), l’action associative et culturelle, l’engagement… |